LIMOGES
L'été dernier, la capitale du Limousin a marqué la fin de notre seconde partie des chemins vers St Jacques de Compostelle. Pour la découvrir nous lui avons consacré 24 heures, il en faudrait bien plus pour percer tous ses mystères ! En train touristique et à pied nous sommes allés à l'essentiel. Un essentiel qui a su nous ravir.
C'est sous un ciel très chargé que Ludo et moi avons abordé Limoges en longeant la Vienne sur deux kilomètres.
La cathédrale St Etienne est en vue.
Nous voici arrivés au pont St Etienne, il en a vu passer des pèlerins depuis le XIIIème siècle !
La cathédrale St Etienne
détail d'une boiserie du portail
Commencée en 1273 la cathédrale ne fut achevée que six siècles plus tard ! De style gothique flamboyant elle part à l'assaut du ciel mais ce qui frappe l'oeil du visiteur ce sont les couleurs dont elle est encore ornée. Quelques peintures médiévales sont encore visibles dans certaines chapelles rayonnantes (représentant notamment des anges musiciens) mais la quasi-totalité présente des fresques du XIX ème siècle.

De magnifiques vitraux éclairent l'édifice.
Et les chapelles ont gardé la fraîcheur de leurs couleurs d'origine.
la magnificence des autels n'a rien à leur envier.
Et cette vierge noire mieux connue sous le nom de Notre Dame de la pleine lumière confirmera l'impression que je garde d'une cathédrale riche de couleurs et de luminosité.
En sortant de la cathédrale, nous abordons le coeur de l'ancienne cité.
Pas de doute, vu le style de ces maisons à colombages nous sommes bien dans la moitié sud de la France.
Le pavillon du Verdurier rencontré au hasard d'une rue nous fait faire un bond
de plusieurs siècles dans l'histoire de la ville.
Ce bâtiment était un réfrigérateur ! Il fut édifié en 1919 pour y entreposer des convois de viande en provenance d'Argentine !
Désormais on n'y présente plus que de l'art.
Nous débouchons bientôt sur un vaste espace, la place de la Motte, où trône une magnifique halle bleue typique de la fin du 19ème siècle. Une frise d'émaux représentant tout ce qui peut se vendre sous cette halle court au fronton de l'édifice.
Dans un angle de la place nous nous asseyons à une terrasse pour nous désaltérer juste au pied de ce trompe l'oeil qui retrace succintement l'histoire de la ville.
La place de la motte est vraiment centrale, nous avons maintenant le choix de descendre vers le quartier des bouchers ou de monter vers l'église St Michel des Lions. Nous optons pour la première proposition.
On est dimanche et tout est fermé mais la typicité de ces échoppes parle d'elle même.
Certaines boutiques ont été détournées de leur vocation initiale.
Au centre de ce petit quartier quelle n'est pas notre surprise de découvrir la petite chapelle St Aurélien, patron des bouchers, et élevée là au XVème siècle par la très puissante confrérie des bouchers. Elle semble aujourd'hui être menacée d'écrasement par les constructions modernes qui la dominent.
Quelle surprise après avoir poussé la porte d'y découvrir un véritable trésor, ce dernier prouve bien la richesse des bouchers de l'époque.
Et l'extérieur de la chapelle n'est pas moins riche en témoignages du passé, sacrés ou profanes.
Ce quartier est très attachant,il doit être très fréquenté en semaine par en juger le nombre de chaises empilées au pied des terrasses des commerces de bouche qui cernent la place St Aurélien .
Les boutiques d'antiquaires, d'émailleurs, de libraires se découvrent dans les rues adjacentes.
Remontons maintenant vers l'église St Michel des Lions non sans repasser par la place de la motte.
Le haut clocher de l'église St Michel surplombé de sa boule de cuivre est un repère visible de n'importe quel endroit de la ville.
Deux lions de pierre de l'époque gallo-romaine saluent l'entrée des visiteurs.
Cette église abrite les reliques des trois saints patrons de Limoges : saint Martial dans sa châsse dorée, sainte Valérie et saint Loup.
Les vitraux sont somptueux et l'on pourrait passer des heures à y lire tout un livre d'histoires.
J'aurai pu rester là des heures tant il y a à voir : retables, reliques, vitraux, baptistaire orné d'émaux, piétas
mais il est l'heure de l'office et nous laissons place au culte et sortons par cette petite porte discrète.
Guide en main nous nous dirigeons vers l'hôtel de ville mais un petit détour s'impose par la cour du temple.
C'est un petit havre de paix, arcades, colonnes, pans de bois, le lieu a un réel cachet.
L'hôtel de ville est maintenant devant nous.
Je ne sais pas qui est le plus célèbre monument du lieu, l'hôtel de ville ou de la fontaine qui orne le jardin ?
Ce monument d'une dizaine de mètres de hauteur est surmonté d'un vase qui symbolise l'activité porcelainière de Limoges.
Quatre enfants sont disposés autour de la pile centrale, ils représentent les différentes étapes de la création d'un vase en porcelaine.
Comme le mauvais temps menace et que ce que nous voulons encore voir se trouve excentré, nous empruntons le train touristique.
Le musée de la porcelaine Adrien Dubouché mériterait certainement une visite mais il se fait tard et nous ne nous y arrêterons pas, nous contentant d'un aperçu extérieur.
Nous n'aurons que le loisir de jeter un rapide coup d'oeil sur la gare des bénédictins emblème de la ville.
Il y a encore tant à faire et à voir à Limoges que nous prenons d'ores et déjà rendez vous pour l'été prochain. Notre nouveau périple vers Compostelle démarrant de la capitale du Limousin nous nous ferons un plaisir de poursuivre la découverte de cette belle ville de province.
Coeur de ville : ORLEANS
ORLEANS
Le temps d'un week end, nous nous échappons pour aller voir le Festival de Loire à Orléans.
Nous étions déjà passés dans cette ville il y a fort longtemps, cela nous donne l'occasion de l'explorer à nouveau et de mieux l'apprécier sous un chaud soleil d'arrière saison.
La cathédrale vue d'un bras de Loire
Au delà d'une forêt d'antennes, les tours de la cathédrale Ste Croix.
Les façades de la rue de Bourgogne se reflètent dans les vitres d'un bâtiment beaucoup plus moderne.
Rue royale
Mon Oncle semble être venu de St Marc sur son célèbre solex.
Place Louis XI
Le beffroi
Cathédrale Ste Croix
Détail de porte
Baptistère de la cathédrale
Détail de vitrail
Hôtel Groslot, ancien hôtel de ville
intérieur
jardins de l'hôtel Groslot
Détail immeubles place du Martroi
Statue équestre de Jeanne d'Arc place du Martroi
rue de Bourgogne
Maison Jean Dalibert
Fin
Festival de Loire à Orléans
L'été indien est au rendez-vous pour ce festival de Loire qui se déroule à Orléans tous les deux ans. Une bonne centaine de bateaux de Loire mais aussi des Pays Bas sont amarés en centre ville le long des quais séculaires qui retrouvent grâce à cette manifestation toute leur vitalité d'antan.
Des bateaux certes mais aussi des animations : construction, calfatage... Ca sent le bois et le goudron, la fumée et le crotin de cheval, c'est populaire, oh combien puisque 600 000 personnes sont attendues pour ce festival.
Les mariniers ont retrouvé les habits d'époque et la gouaille des grands jours. Sur les quais brûlés de soleil on marche à nouveau pieds nus , on s'interpelle, on chante, on joue. La musique et les pintes de bière coulent à flot avec en point de mire la Loire qui s'est faite toute sage pour l'occasion et qui en a vu bien d'autres. Pour l'heure il y a de l'embarcation sur le fleuve et entre les ponts Georges V et René Thinat tout ce qui flotte s'en donne à coeur joie.
Guignol, ce Gône, a perdu le Rhône puisqu'il se donne ici en spectacle mais toujours dans ce même registre qui fait rire les enfants et sourire les grands.
Les hollandais sont venus avec un stock de harengs qu'ils fument sur place.
Les hortilloneurs de St Omer ont eux aussi fait le déplacement. L'eau de Loire est elle plus chaude que celle du marais audomarois ?
Les moutons qui entretiennent les berges du fleuve sont eux aussi de la fête.
Tout à coup panique dans la foule, d'où viennent donc ces inquiétants personnages ?
Mais la gaité reprend vite ses droits, fanfares, groupes et bandas innondent les quais de leurs flonflons.
Originaux ces manèges tout droits sortis de l'imagination débridée de leur inventeur. Ils ont un succès fou.
A ces "tournez manège" d'autres répliquent "et vogue ..." non pas la galère mais les toues, les gabares, les bacôves, les fûtreaux et les plates. Le spectacle est partout !
Y compris sur les toits végétalisés du cinéma où les poissons de Loire, effrayés par ce tintamare ont trouvé refuge.
Le soleil décline lentement sur la scène où déambule dans une atmosphère bon enfant un public conquis.
Vous n'avez pas vu beaucoup de bateaux me direz vous et bien embarquez maintenant ils sont là les bateaux :
http://www.kizoa.fr/diaporama/d1964837kP171001146o2/festival-de-loire
Le soir est venu et les hollandaises nous donnent à voir un beau spectacle.
Plus tard dans la soirée nous reviendrons voir le feu d'artifice avant de quitter Orléans conquis par cette manifestation et les yeux emplis d'images.
Ainsi s'achève notre balade au Festival de Loire. Prochain rendez vous dans deux ans.
vnghfd
Le sud de l'Aisne
L'Aisne est un département que j'aime bien, j'apprécie ses vallonnements, ses forêts, ses petits villages intimistes et comme ce n'est pas loin de chez moi j'y vais assez souvent. Le seul vrai problème c'est que le tourisme n'y est pas encore très développé et que ça manque de documents pour visiter. Je suis tout de même tombée sur un magazine sympa "Esprit de Picardie" et j'y ai en partie puisé l'inspiration pour cette nouvelle balade.
Encore une fois on s'arrête à la Hotée du Diable à Coincy, j'aime cet endroit où Camille Claudel aimait venir rêver avec son frère. Depuis le temps que je voulais voir le site avec les bruyères fleuries c'est fait.
Etrange non ?
Dommage qu'il manque un rayon de soleil pour sublimer les couleurs.
Fère en Tardenois est tout proche et nous en profitons pour aller visiter les ruines du château.
Du vieux château de Fère en Tardenois élevé au XIIIe siècle sur une butte féodale artificielle polygonale et pavée subsiste la base des sept tours ornée d'un dessin en dents d'engrenage. Au XVIe siècle fut construit le célèbre pont à deux galeries jeté sur le fossé entre la poterne et le pavillon d'entrée. C'est la préfiguration du château de Chenonceau. A la mort d'Henri II, dernier duc de Montmorency, le château fut confisqué par le roi Louis XIII, avant d'être démoli par le duc d'Orléans, futur Philippe Égalité. (trouvé sur le net).
Vous êtes bien au château de Fère en Tardenois et non sur un site antique romain.
Ces ruines sont sublimes.
C'est à regret que nous quittons ce site romantique à souhait. Nos roues nous mènent vers Fismes (Marne). Un petit arrêt à l'aire de services, juste le temps de regarder couler l'eau sous le pont qui vit passer les forces de libération à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Braine sera l'étape suivante de notre périple.
Voilà qui est prometteur mais nous sommes avant tout ici pour découvrir l'ancienne abbaye St Yved.
malheureusement fermée à la visite.
Et aucune explication pas même à l'OT. Décevant.
Il est temps de trouver où poser le camping car pour la nuit. A Bourg et Comin nous dénichons un endroit idéal au bord du canal , entre péniches d'agrément et péniches de travail. Nous avons plaisir à bavarder avec les propriétaires des diverses embarcations.
Nous passons une bonne nuit sur ce parking et tout en déjeunant nous regardons le soleil qui se lève sur le canal et les premiers plaisanciers qui eux aussi reprennent leur chemin.
Ici le canal se scinde en deux, une branche s'en va vers Soissons l'autre vers Abbeville
Allez, il est l'heure de partir et d'aborder la deuxième partie de notre programme.
Les vendangeoirs du Laonnois
Mais pourquoi parle t'on de vendangeoirs dans une région où il n'y a pas un cep ? S'il n'y en a plus, il y en a eu et ce depuis le 6 ème siècle. Les évêques de Laon aimaient à venir en villégiature dans les petits villages que nous allons traverser. La vigne y poussait bien (jusqu'à l'arrivée du phyloxéra qui la fit disparaître totalement du paysage), ces hommes d'église mettaient un point d'honneur à offrir le vin de leurs vignes aux hôtes de marque de passage sur leurs terres. De cette époque révolue reste les vendangeoirs, belles maisons précédées d'un escalier double.
Nous garons le camping car sur le petit parking devant la mairie de Presles et en quelques tours de roues nous arrivons devant l'église St Georges.
A Nouvion le vineux nous découvrons ce premier vendangeoir actuellement en réfection.
Et ce magnifique lavoir de 1841.
L'église de Nouvion est de taille imposante mais hélas en bien mauvais état.
Nous pédalons un bon moment entre les prairies et les bois avant d'arriver à Bourguignon sous Montbavin.
Ce village fut le berceau des frères Le Nain, peintres de leur état.
Ils sont nés tous les trois à Laon et possédaient une maison à Bourguignon-sous-Montbavin : Matthieu en 1607, Antoine et Louis, respectivement en 1588 et 1593 selon certains historiens, juste avant et juste après 1600 selon d'autres.
En 1630 ils vivaient tous les trois à Paris.
Du fait de la similitude remarquable entre leur style de peinture et de la difficulté de différencier les œuvres de chaque frère (ils signaient tous leurs toiles avec la seule mention Lenain, et certaines devaient être des œuvres communes), ils sont généralement désignés comme les frères Le Nain.
Louis est habituellement crédité de leurs peintures les plus célèbres, une série de scènes décrivant la vie paysanne. Les frères ont aussi réalisé des miniatures (pour la plupart attribuées à Antoine) et des portraits (attribués à Matthieu). Matthieu est devenu le peintre officiel de Paris en 1633 et fait chevalier.
Voici une de leurs oeuvres :

Tout près de leur maison nous nous rafraîchissons à cette fontaine.
Les vendangeoirs sont souvent bien protégés derrière des grilles ou pire des murs.
la route s'élève au dessus du village, à un croisement nous devons choisir entre Royaucourt et Mons en Laonnois, nous optons pour le dénivelé le moins important vers Royaucourt.
En direction de Mons en Laonnois c'est à droite...
Mais nous prenons à gauche la descente qui nous mène vers Royaucourt, il nous faudra tout de même appuyer sur les pédales pour atteindre l'église st Julien.
Hélas elle est fermée au public pour cause de travaux !
Par les agréables petites routes du Laonnois nous sommes vite revenus au camping car. Cet après midi nous faisons un bond de quelques kilomètres en camping car pour rejoindre le lac de l'Ailette.
Il est possible d'en faire le tour à VTT par des pistes entretenues et des chemins de sous bois.
Le temps est très menaçant mais nous tentons tout de même le tour du lac.
Les cottages de Center Park
Finalement nous arrivons à faire le tour du lac sans prendre une goutte d'eau !
Et nous passons la nuit sur le parking situé au bout du lac, après l'entrée de center park, à Neuville sur Ailette, de là, la voie verte continue vers l'ancienne abbaye de Vauclair mais nous connaissons déjà.
Fin
Sur les chemins de Compostelle 4/4 (suite et fin)
Bénévent l'abbaye (Creuse) - St Laurent les églises (Haute Vienne) 33 km
Pont du Dognon - St Just le Martel (Haute Vienne) 24 km
St Just le Martel - Limoges (Haute Vienne) 17 km
Jour 10, 14 juillet - Bénévent l'abbaye - St Laurent des églises
Bénévent - St Goussaud Ludo et Eve 13 km à VTT
St Goussaud - St Laurent des églises Ludo et Eve 20 km à VTT
Ce matin il fait beau et nous reprenons le cours normal des choses. Nous partons de bonne heure car la journée promet d'être rude. Nous devons passer le point le plus haut de cet itinéraire qui nous mènera (un jour) à Montréal du Gers terminus du GR654. Le point culminant c'est le Puy de Jouer à 694 m d'altitude. Bénévent est à 480 m.
La route est parralèle au GR654 c'est donc elle que nous empruntons jusqu'à Arrène. Elle est bonne et en descente quasi constante, c'est très agréable de filer comme le vent sans effort. Mais je sais qu'il va falloir payer ce moment de facilité. Nous traversons un paysage de bocage qui respire la sérénité. Croisons un papy qui randonne avec son petit fils. Il habite Arrène et ne fait donc de la marche que le matin et pas bien loin. Il confirme que nous aurons à gravir un beau dénivelé pour arriver à St Goussaud et pas moyen d'y échapper que ce soit par la route ou par le GR.
Paysage près de Arrène
Tout là haut sur la gauche de la photo au somment du mamelon se trouve une antenne relais, rouge et blanche comme les traces du GR. On la voit depuis plusieurs jours et je me suis souvent demandé si pour nous ce serait un passage obligé, ça se confirme.
Arrène
Arrène est à 329 m d'altitude. Nous marquons une pause assis sur la croix devant l'église pour boire et manger avant d'attaquer la montée vers St Goussaud. 365 mètres de dénivelé en 6 km, je n'ai aucune idée de ce que ça peut représenter ! On y va. Les premiers hectomètres sont franchis à vélo. Des noms évocateurs s'égrennent sur les pancartes : les puys, une image que j'associe immédiatement aux volcans et à leur relief accidenté. Puy Gentil le bien nommé, ça c'est pour vous faire croire que le relief est tout doux, Puy Larcher, Puy du Breuil (tiens un nom familier), là le relief s'accentue. A une patte d'oie on peut rejoindre le GR à gauche en passant par le moulin des Ronces, c'est tentant mais je résiste. A la sortie d'Arrène, en l'absence de pancarte je m'enquiers auprès d'une dame âgée du chemin à suivre, "c'est bien à droite me dit elle, mais il y a une belle côte sur 5 km" Je remercie et réponds que ça se fera comme le reste, j'essaie de m'en persuader. Allez, 30 m sur le VTT, 100 m à pied j'avance sur cette route qui s'élève au milieu des sapins dans un paysage de moyenne montagne maintenant. Ludo stoïque monte en VTT à son rythme et m'attend dès que la route tourne pour ne pas perdre le contact. Pour lui je remonte en selle, pour lui j'appuie sur les pédales.
Un petit groupe de maisons rompt la monotonie de la montée. Il y a beaucoup d'hortensias par ici. Les bleus ont fait leur apparition, est ce dû à la nature du terrain ? Une petite halte photo et collation est la bienvenue.
Les habitants de cette propriété jouissent d'une vue imprenable sur la vallée
Nous reprenons notre progression, le plus souvent à pied pour ma part. Croisons un groupe de cyclistes qui descendent à vive allure et qui nous demandent de nous garer, si c'était une voiture qui arrive en face d'eux lui demanderait il de se garer ? M'énerve cette attitude ! Une pancarte indique 520 m. En finirons nous de grimper et surtout quand ? Une chance que nous soyons partis de bonne heure et que l'air fraîchisse en altitude nous ne sommes pas incommodés par la chaleur. Je me demande quand nous verrons des traces qui indiquent l'abord d'un village et la fin de cette côte interminable. A ma gauche je reconnais les traces rouge et blanche du GR. Il débouche ici au sortir d'un sentier pentu et très herbeux. Heureusement que nous avons suivi la route, notre avancée aurait été encore plus pénible dans les chemins. Quelques murets en bord de route signalent notre entrée dans St Goussaud. Enfin. Je laisse le champ libre à Ludo qui s'empresse de remonter sur son vélo pour aller rejoindre Adam qui nous attend à la lanterne des morts. A ma droite l'antenne relais, j'ai du mal à y croire mais elle est bien là et nous nous sommes sur le toit du GR654. On l'a fait ! Petit exploit de pèlerins pas très sportifs et de surcroît gens de la plaine. A chacun sa victoire, on se motive comme on peut.
Une belle étendue herbeuse et plane nous sert de parking, qu'on est bien là à l'ombre d'un grand arbre pour reprendre des forces. On domine les alentours, paysage de pâturages et de bois à l'infini.
J'aimerai bien passer l'après midi, la soirée, la nuit ici dans cette quiétude. Mais le but à atteindre c'est Limoges et si nous voulons y être le 17 il ne faut plus flâner. Alors que j'aide Adam à mettre la table dans le camping car on frappe à la porte. ???
Incroyable mais vrai, c'est Claude. Il nous suit de peu et a débouché du sentier que j'avais repéré peu avant d'arriver au village. Comment fait-il, il a des ailes ? Claude c'est un peu comme en Djinn, un lutin, un farfadet, il surgit toujours au moment où on l'attend le moins. Quand je lui tire mon chapeau, il sourit comme à son habitude, pour lui ce qu'il fait n'est pas exceptionnel. Nous lui offrons une chaise et un coca. Je ne sais pas ce qu'il apprécie le plus des deux, sans doute la chaise. Il masse ses jambes endolories et avale son casse croûte. Lui dehors, nous dans le camping car porte ouverte nous devisons encore et toujours du chemin. Puis il part comme presque toujours sans un mot, ni merci, ni à plus tard. Il est parti comme il est arrivé sans bruit.
Le fait qu'il parte à 7 h le matin, le fait qu'il passe peu de temps à s'alimenter font que nous nous suivons toujours peu ou prou. Cependant n'oublions pas qu'il marche entre 30 et 40 km quotidiennement et qu'il ne s'accorde pas de jour de repos. Chapeau bas.
Immortalisons notre passage à la lanterne des morts et reprenons le cours des choses.
Nous passons par l'église, on peut y voir le saint local et son petit boeuf
Une légende locale veut que les femmes en mal de maternité aillent planter une aiguille sur le dos du boeuf pour être excaucées.
Jardin d'artiste
Allez hop, d'ici ça devrait descendre, bonne nouvelle. Et oui ça descend sur un km et puis le GR654 recommande de prendre à gauche vers le Puy de Jouer où on peut voir des ruines romaines. " T'en penses quoi Ludo, GR où route ? GR mamie". Ludo a envie de voir la voie romaine et moi les vestiges romains. Obliquons à gauche.
La voie romaine s'élève vers le Puy de Jouer, à défaut de char (lol) on pousse nos VTT. On arrive bientôt au sommet de la voie Lémovicencis, J'attends de voir les ruines romaines, j'adore ça.
Le chemin est ardu, pas possible de rouler ici
Petit à petit nous atteignons le puy de Jouer (694 m) en empruntant la voie romaine qui est relativement en bon état.
Où ne sont t'ils pas passés ces romains ? Ludo est content de marcher ici, il faut dire qu'il a un peu de sang romain dans ses veines. La maman d'Adam est italienne. Comment imaginer le cheminement d'un romain et d'un gaulois côte à côte sur cette voie il y a deux mille ans ? Aujourd'hui c'est possible. Ludo le romain et Eve la gauloise ( j'ai des origines bretonnes encore bien vivantes) sont en route vers Limoges ( Augustoritum).
Reviens à la réalité Eve.
"Regardes Ludo, des monts joie". Les pèlerins qui nous ont précédés ont posé une pierre puis une autre pour élever ces petits cairns symboliques qui marquent leur passage au niveau d'une difficulté majeure. Alors je parle à Ludo du cri de ralliement des pèlerins d'autrefois - Ultreïa- pour marquer sa joie ou pour appeller à l'aide. Et Ludo de crier à tue tête ce nouveau mot, Ultreïa, Ultreïa !
Ce salut de ralliement des pèlerins de saint Jacques de Compostelle signifie : aller plus loin, plus haut. C'est l'expression du dépassement physique et spirituel. (source Wikipédia)
Sacrifions à cet usage
Pour ma part j'attends de voir les ruines romaines. Quelques pierres assemblées à gauche du chemin portent le nom pompeux de temple de Mars. Difficle d'imaginer la splendeur passée de cet édifice. Déception. Malgré le chemin peu aisé qui prend de l'altitude nous nous sentons libres et heureux. Nous abordons la descente qui n'est pas plus évidente que la montée. Plaques rocheuses et racines font que cette portion n'est pas très roulante. On roule sur quelques mètres quand c'est possible mais la descente s'éternise. Peu importe, Ludo aime cet endroit.
Et nous sommes dans le bon chemin
Nous avons rejoint la route qui descend, descend... Ca fait du bien de sentir le souffle du vent sur nos visages. Jusqu'à Auziat nous perdons de l'altitude.
Les ruisseaux des Colles et des Jonchères barrent notre chemin. Nous les franchissons sur des passerelles.
Et marquons une pause rafraîchissante à ce niveau.
Il nous faut à nouveau escalader le côteau suivant, prendre un étroit sentier avant de déboucher sur la route en montée qui mène à St Laurent les églises où Adam nous attend.
Croix trèflée du XIII ème siècle
Une poignée de Vététistes nous demande le chemin à suivre pour aller à Panazol. Ils ont suivi la voie verte et se sont perdus. D'après eux la voie vete ne serait pas si facile à suivre.
Je croyais qu'il y avait un camping à St Laurent mais en fait il se trouve 3 km plus bas sur le Taurion. Même si c'est plus bas, même si c'est en descente Adam ne veut pas que nous continuions. Les VTT sont chargés sur le camping car et nous gagnons le camping ensemble. Ce soir c'est le beau tampon du camping qui viendra valider notre journée.
Douche et piscine marquent un temps de détente bien apprécié. Quand nous remontons vers notre emplacement devinez qui occupe l'emplacement voisin ? Mais vous connaissez déjà la réponse, c'est Claude. Ce soir encore il partagera notre repas.
Soirée et nuit calme.
Jour 11, 15 juillet - Pont du Dognon - St Just le Martel (Haute Vienne)
Pont du Dognon - St Léonard de Noblat Ludo et Adam 17 km à VTT
Moulin du Got - St Just le Martel Ludo et Eve 7 KM à VTT
Adam et Ludo prennent la route de bonne heure en direction de Saint Léonard de Noblat. Petite descente jusqu'au pont et ensuite pratiquement que de la côte. Je termine mon rangement et prend la route à mon tour avec le camping car.
Pont du Dognon
Sur la rivière le Taurion
Le niveau de la rivière est réellement très bas.
Sur la route qui me mène à St léonard j'aperçois de loin une silhouette désormais bien connue, c'est Claude. Un petit coup de klaxon, un geste de la main. Simple salut entre pèlerins. Téléphone. Je me gare. Ce sont mes hommes, qu'ils ne viennent pas me dire qu'ils ont crevé... Non non, ils me disent qu'ils sont arrivés à St Léonard et qu'ils m'attendent devant l'office de tourisme. Alors là, ils ont mis le turbo. Je les retrouve bientôt et nous partons tous les trois à pied visiter cette belle ville.
Suivez nous ici : http://www.kizoa.fr/diaporama/d1844119kP146465723o2/saint-léonard-de-noblat si vous voulez découvrir la ville en notre compagnie.
Nous effectuons quelques achats, des pâtes de fruits et des massepains sprécialité locale. Notre créanciale ne sera pas tamponnée à l'office de tourisme mais à la librairie qui se trouve devant la collégiale. C'est Claude qui nous a dit qu'il fait tamponner sa créanciale à chaque "passage" intérressant. Pourquoi pas puisque c'est le reflet du cheminement.
Nous souhaitons faire découvrir le fonctionnement d'un moulin à papier à Ludo. Nous reprenons le camping car et nous nous éloignons du GR654. Le moulin du Gôt se situe à 3 km du centre de St Léonard. Nous prenons notre repas sur le parking de ce site et attendons qu'il ouvre à 14 h 30. En attendant on fait tous une petite sieste car il fait très chaud.
Moulin du Gôt
La visite est terminée, je reprends le VTT pour aller avec Ludo jusqu'à St Just le Martel. Dernière étape avant Limoges et pas des moindres. Le GR est loin donc nous suivons la route. Elle monte sec dès qu'on a quitté le moulin, redescend vers le moulin de Brignac, traverse la rivière et repart de plus belle en altitude. Je croyais pourtant en avoir fini avec les côtes. Celle-ci est interminable et me ramène sur la D941 à Royères. A l'intersection il y a une belle boutique qui entre autre, vend des fruits mûrs, j'en fais provision. A Fontaguly nous retrouvons le GR et fonçons vers St Just le Martel pour retrouver Adam .
Juste avant d'entamer la dernière côte pour atteindre St Just el Martel, on découvre ce petit étang qui se love dans un creux.
Tient quelle drôle d'affiche au bord de la route.
J'aperçois enfin le clocher de l'église
Le presbytère est tout à côté de l'église mais l'abbé est absent. Nous parcourons les rues de la petite cité et découvrons avec étonnement les diverses affiches humoristiques qui fleurissent ici et là.
Portail de l'église St Just le Martel
On peut admirer la chasse de St Just dans l'église. Nous sommes en Limousin et de puis quelques années on peut observer le renouveau des ostensions qui sont à la fois fête religieuse et populaire et qui se déroulent tous les sept ans.
Le petit étang nous semble être l'endroit idéal pour prendre notre repas.
Un jeune balbuzard pêcheur pas très farouche vient pêcher devant nous , nous en oublions presque de manger. Instants magiques.
En fin de soirée nous remontons au village. Le curé est rentré et il nous accueille pour tamponner nos créanciales. Ce sera le seul tampon délivré par un prêtre depuis notre départ de Vézelay, ils sont si rares désormais dans les villages. L'abbé Saumane est un homme érudit avec qui nous avons plaisir à converser. Cette nuit nous bivouaquerons sur le parking de la mairie. St Just le Martel est bâti sur une coline et j'assiste à un beau coucher de soleil sur les monts du Limousin.
Plus tard de la fenêtre de la capucine j'observe les lumières de Limoges là bas dans la vallée, à mes yeux elles brillent comme celles d'une terre promise. Comme j'en fais part à Ludo il me rétorque "bof, pollution lumineuse..." Sans commentaires.
Jour 12- 16 juillet, St Just le Martel - Limoges (Haute Vienne)
Eve et Ludo 17 km à pied
C'est le début de notre dernière journée. Déjà ? Comme dit Claude " le matin tu remets tes chaussures et tu as oublié les difficultés de la veille, tu repars confiant".
Tout de même elles on passé vite ces journées... Mais il nous reste celle-ci à vivre alors hardi petit c'est parti. Je veux arriver à Limoges comme les pèlerins d'autrefois et encore nombre de ceux d'aujourd'hui, à pied. Nous suivons le GR.
Lavoir de St Just le Martel
Hier soir à l'étang Ludo a trouvé une ancienne canne à pêche et son grand père lui en a fait un bâton de pèlerin.
Ce matin les choses se présentent bien et nous avalons les km sans problème, les chemins sont bons et les petites routes ombragées, parfait.
Le temps se couvre un peu mais il ne devrait pas pleuvoir. Cependant rien n'est moins sûr et la pluie nous rattrape alors que nous descendons vers l'étang de Cordelas. Nous nous mettons à l'abri des frondaisons le temps que l'averse passe. Nous passons devant le centre équestre avant de remonter vers Panazol.
Adam nous retrouve sur le parking du stade de Panazol pour le repas de midi, vite pris car j'ai hâte d'aborder les faubourgs de Limoges.
Fresque sur l'école élémentaire de Panazol
Eglise de Panazol
Nous descendons vers les berges de la Vienne que nous suivons sur 2.5 km.
Notre but est proche et Ludo est exité comme une puce, il rit, saute sur le chemin, se défoule quoi et je le comprends très bien, c'est normal, il se libère des charges accumulées ces douze derniers jours.
Le voici ce pont St Etienne construit en 1210 et emprunté depuis des siècles par les pèlerins. Une passante immortalise pour nous l'image de la fin de notre périple 2011.
A notre tour nous foulons les vieux pavés avant de monter vers la cathédrale.
Détail d'un panneau de porte de la cathédrale
Voir plus de photos de la cathédrale c'est ci dessous
http://www.kizoa.fr/diaporama/d1869141kP151295842o2/cathédrale-st-etinne-limoges
Nous quittons la cathédrale pour nous rendre au centre ville, le ciel s'est obscurci et voilà qu'il se met à pleuvoir des trombes d'eau. Nous n'avons rien, ni K Way, ni poncho, heureusement nous sommes à deux pas de l'office de tourisme où nous trouvons refuge. Le mauvais temps aura attendu que nous soyons à l'abri pour se déchaîner. Ultime tampon sur nos créanciales, achat de tickets de bus et nous partons rejoindre Adam au camping du lac d'Uzurat. C'est la fin de notre périple de 2011... Ca nous fait tout drôle d'y penser...
Epilogue
La seconde période de notre périple vers Compostelle s'est achevée en nous laissant cette fois encore de bons souvenirs malgré les trois crevaisons...
La météo a été relativement agréable et les quelques nuages qui ont habillé le ciel ont souvent été nos alliés. Notre équipe rodée maintenant fonctionne super bien dans le respect des envies de chacun, notre souhait : continuer l'an prochain...
"Un grand
Ludo pour les 350 km (et des poussières)
parcourus, pour ta motivation et ta persévérance, ton humour, ta gentillesse et ta bonne volonté. Papi et moi sommes très fiers d'avoir un petit bonhomme comme toi et de vivre cette expérience en ta compagnie".
Et encore un grand merci à Adam pour l'intendance et les dépannages.
Sur les chemins de Compostelle 3/4
St Plantaire (plage des fougères) (Indre) - Crozant (Creuse)
Crozant - La Souterraine (Creuse)
La Souterraine - St Etienne de Fursac (Creuse)
Bénévent l'abbaye (Creuse)
Jour 7- 11 juillet, Saint Plantaire (plage des fougères) - Crozant
Ludo et Eve 7 km à pied
Ce matin on se lève plus tard. La journée de pèlerinage sera courte. Aujourd'hui j'ai 55 ans, c'est mon anniversaire, je fais ce que je veux. Le ciel est bleu et la demie journée de repos d'hier m'a requinquée. C'est le pied léger que nous partons vers Crozant en longeant la Creuse par le GR654.
Renouer avec la marche est une idée qui me plaît. Cheminer favorise l'échange, le dialogue, c'est une belle matinée qui nous attend.
Nous quittons le Berry et le département de l'Indre pour entrer en Limousin et dans le département de la Creuse.
Dès la sortie du camping le chemin s'élève, sur le chemin de crête un drôle de pèlerin nous accueille.
Un pèlerin aux allures d'homme des cavernes
D'ici on domine la vallée de la Creuse. Que c'est beau !
Ici pas de risque de se perdre il n'y a qu'à suivre le cours de la Creuse. On bavarde de tout de rien, c'est bien. On chante on danse même. On esquisse quelques pas de danse sur l'air du beau Danube bleu. La Creuse ça inspire on dirait. C'est vraiment superbe et calme quel contraste avec les vrombissements des moteurs d'hier.
On doit quand même traverser un passage en forte pente et en dévers, on glisse dans la poussière mais on passe sans encombre. Nous franchissons un ruisseau sur la passerelle à Dédé. Merci Dédé.
De tours en détours nous voici arrivés sur le promontoire de la Fileuse qui domine la confluence de la Creuse et de la Sédeille. Un panorama a couper le souffle.
Le voilà mon cadeau d'anniversaire.
Il y a longtemps que je voulais voir Crozant mais le découvrir par cette face c'est extraordinaire.
Des rochers de la Fileuse au pont de Crozant nous traversons le sentier des arts
On apreçoit le pont de Crozant mais c'est trompeur, on n'y est pas encore !
Un joli sentier nous amène jusqu'à un dernier raidillon en descente
Un arbre est tombé en travers. Ludo passe à l'aise entre deux branches. Pas moi. Comment faire ? Surtout ne pas dévaler dans la pente, je serai bonne pour un bain forcé et je n'aime pas me baigner tout habillée (lol). Bon un dernier effort et je passe cette difficulté sous les ricanements de Ludo, sympa non ? Si cette difficulté n'avait pas existé j'aurai eu l'impression que la matinée n'était pas validée (lol). Une fois passé le pont nous remontons vers le coeur du village.
Bord de Creuse
Portail XIIème de l'église St Etienne
Adam nous attend au camping municipal. Il fait vraiment très chaud et nous passons l'après midi à nous reposer et jouer aux boules avant de redescendre vers le site des ruines en fin d'après midi.
En savoir plus sur Crozant ? C'est ici : http://www.tourismecreuse.com/article351
Alors que nous remontons à pied des ruines Ludo qui nous attend un peu plus haut s'écrie " j'ai vu Claude, il est entré sur le site des ruines". Nul besoin de mettre sa parole en doute. Claude s'il apprend qu'on est là saura bien nous retrouver Crozant n'est pas si grand.
De nombreux circuits pédestres partent du village. Il en est un qui mène le visiteur sur les pas des peintres impressionnistes subjugués par la beauté des lieux et qui créèrent l'école de Crozant.
Nous faisons tamponner nos créanciales à l'épicerie-tabac située à droite dans la rue principale, elle est tenue par une charmante vieille dame. Plus haut mais à gauche cette fois nous achetons des fromages locaux et traversons la route pour aller nous désaltérer au café. C'est Ludo qui offre sa tournée pour mon anniversaire. Merci Ludo. Et voici Claude qui nous rejoint. Patricia qui est à la fois à l'accueil du camping et du site des ruines lui a dit que nous étions "en ville". Echanges sur la progression de chacun au cours de ces derniers jours. Pour cette nuit Claude a choisi de dormir au gîte pèlerin qui se trouve à côté de l'église, il s'en va retrouver un bon lit ce qui parfois est bien utile pour se remettre des épreuves du chemin.
Nous trois, nous concluerons notre demie journée de repos à Crozant par une soirée au restaurant. J'ai choisi l'auberge de la vallée située dans la rue principale non loin du camping. C'est une très bonne maison et le repas sera parfait. Si vous passez par Crozant je vous conseille cette auberge tenue par un couple fort sympathique. Ici la loi de l'argent n'est pas de mise. Ces jeunes restaurateurs vous proposent aussi bien une soupe et un plateau de fromages pour 6.50 €, qu'un menu haut de gamme. Il en faut pour toutes les bourses, y compris celle du pèlerin qui leur tient souvent compagnie les soirées d'hiver quand les toursites s'en sont allés.
Je suis très satisfaite de ma journée d'anniversaire. Il fait toujours chaud malgré l'heure tardive mais la nuit sera bonne et calme.
Jour 8 - 12 juillet, Crozant -St Pierre de Fursac
Crozant - la Souterraine Ludo et Adam 30 km de VTT
La Souterraine - Le Pommier Ludo et Eve 4 km à pied
Le Pommier - St Etienne de Fursac Ludo et Eve 11 km à VTT
Ces deux dernières journées de repos m'ont permis de bien récupérer et je suis en forme pourtant ce matin c'est Adam qui roule avec Ludo. Une voie verte passe par Crozant et va jusqu'à Panazol. Ils décident de la suivre jusqu'à la Souterraine ça changera un peu du GR654. Attention une voie verte ce n'est pas de tout repos surtout par ici, elle emprunte des petites routes peu fréquentées mais c'est tout de même de la route et ils feraient bien d'y ajouter les dénivelés.
Descriptif Véloroute Ouest Creuse
Type de la voie : Véloroute
Nature de la voie : Route
Localisation : de Crozant à Saint-Martin-Sainte-Catherine
Longueur : 83 Km
Département, Région : Creuse (Limousin)
Villes traversées (ou très proches) : Crozant, La Chapelle-Baloue, Saint-Germain-Baupré, Saint-Agnant-de-Versillat, La Souterraine, Saint-Priest-la-Feuille, Le Grand-Bourg, Bénévent-l'Abbaye, Mourioux-Vieilleville, Châtelus-le-Marcheix, Saint-Pierre-Chérignat, Saint-Martin-Sainte-Catherine,
De mon côté je calque mon itinéraire sur le leur. Pour la première fois je vais conduire le camping car sur des routes très très étroites. Ma seule crainte : croiser un engin agricole de grande largeur.
Les hommes roulent avec un oeil sur le compteur. Jamais de pause photo avec eux. J'arrive à la Chapelle Baloue, je fais une halte, pas d'appel téléphonique. Je roule encore un peu, un gros camion me suit, je trouve un endroit pour me garer et le laisse passer. Dans un hameau je m'arrête à nouveau. Aux fenêtres les rideaux bougent. Pensez donc, une femme seule au volant d'un camping car dans ces villages reculés, ça doit faire jaser ! Personne ne sort et moi j'attends des nouvelles de mes cyclistes. C'est très surprenant, j'aurai dû les dépasser depuis longtemps. Je me dirige sur St Agnant Versillat et me gare sur la place de l'église. Moi non plus je ne pense pas à prendre de photos. Ce matin la météo annonçait : orage sur le Limousin, effectivement le ciel se couvre. J'appelle mes pèlerins. Ils se sont perdus, ont quitté la voie verte, n'ont pas d'autre carte et ne peuvent compter que sur les autochtones pour les remettre sur la bonne voie. Alors que je m'attends à les voir surgir de la route à droite, ils arrivent par la gauche. Bon l'essentiel c'est que nous nous soyons trouvé. Ils font une pause. Scrutent le ciel. L'orage gronde maintenant mais le vent semble pousser les nuages hors de leur route. Ils repartent. Je les double et parcours un km quand le ciel ouvre ses vannes, il pleut des trombes d'eau. Je fais demi tour et trouve mes cyclistes abrités sous le feuillage au bord de la route. Un chemin de terre est là tout proche. Je m'y engouffre. Ils me rejoignent avant qu'ils ne soient mouillés jusqu'aux os, il était temps. Nous attendons tous les trois à l'abri dans le camping car que l'averse passe. Elle dure une bonne vingtaine de minutes puis s'estompe. Les hommes reprennnent leurs vélos moi le camping car. Prochain rendez vous à l'entrée de la Souterraine. Ils sont vite arrivés. Ils ont parcouru 30 km au lieu des 25 que proposait le GR654. Quand je dis qu'il ne faut pas s'en éloigner de celui là ! Adam malgré ses 61 printemps est en forme, il avale les côtes sans problème et roule vite. Ludo est très souvent derrière, au moins avec papy c'est plus dynamique qu'avec moi. Nous accrochons les VTT sur le camping car et allons faire quelques courses avant de gagner l'étang du Cheix pour déjeuner.
Le soleil est revenu et cet après mid dans un premier temps je marcherai avec Ludo pour traverser la Souterraine jusqu'au hameau du Pommier.
J'hésite à traverser les villes à VTT, nous l'avons fait l'an passé pour la Charité sur Loire et pour Nevers, c'est compliqué et dangereux.
Nous arrivons vite au coeur de la Souterraine, franchissons le porte St Jean (XIIème - XIIIème siècle) et débouchons sur la place de l'église.
Porte St Jean
Mur peint
Nous entrons dans l'église, un pannonceau stipule qu'il faut appeler un certain n° de téléphone pour faire tamponner la créanciale, ce que je fais. La personne sera là dans quelques minutes... qui s'éternisent. Au moins on a le temps de visiter l'église. Elle est de vastes dimensions et on peut y voir un beau vitrail dédié à St Jacques.
De toute façon j'ai le temps, si j'ai voulu venir en pèlerine à la Souterraine c'est aussi en souvenir d'une dame qui m'a appris à travailler et qui me parlait toujours de cette ville où elle était arrivée en suivant les chemins de l'exode avec mari et enfant. Marcelle vous êtes avec moi en pensée à la Souterraine. L'exode, la ligne de démarquation, c'est loin tout ça et moi je suis née bien après guerre mais tout de même que de souffrances pour les gens de cette époque. Aujourd'hui je vais sur un chemin de liberté que rien n'entrave. Cette année j'emporte aussi avec moi les souhaits de guérison que je forme pour des amies malades, Martine, Joséphine, Laurence, Claudette... et tant d'autres pensées...J'ai la santé et les petis tracas quotidiens vécus sur le chemin ne sont rien comparés à ce qu'elles vivent.
Voilà, les tampons de la paroisse St Jacques de la Souterraine sont venus noircir les créanciales, nous repartons. Cette pause aura été salutaire. Le chemin est bon, presque plat et nous avons tôt fait de parcourir les 4 km qui nous séparent du Pommier et c'est vrai que des pommiers bordent le chemin. On aurait pu aisément faire cette portion à vélo. Peu importe marcher me fait du bien. Le soleil joue à cache cache avec les nuages. Adam nous attend, les VTT sont prêts. Ici il a reçu un bon accueil, une personne est venue à lui pour lui proposer de faire de l'eau pour le camping car, généreuse attention. C'est aussi pour lui l'occasion d'expliquer notre démarche et les gens rencontrés sont tout de même assez étonnés.
Le chemin se remet à monter. On apreçoit les contreforts des monts d'Ambazac et je sais d'avance que par là ce sera très dur. Mais n'anticipons pas, à chaque jour suffit sa peine.
Le chemin débouche au hameau de Chabannes, un étrange monument occupe la place. Il fut érigé en 1934 par un maçon de la Creuse.
Nous empruntons la D4 sur un km. Un coup de klaxon, c'est Adam qui nous double. Un petit chemin à droite nous conduit en surplomb du village de St Pierre de Fursac.

Adam nous attend sur un parking à St Etienne de Fursac. Nous allons à l'office de tourisme pour faire mettre notre tampon. Il n'y en n'a pas. Même pas de tampon municipal. Etrange. C'est la patronne de l'hôtel Nougier qui acceptera de remplir cette formalité. L'essentiel étant qu'un tampon marque la fin de notre journée peut importe qui le met. Nous avions prévu de dormir au camping municipal mais Adam qui y est allé faire un tour dit que ça ressemble à tout sauf à un camping. Je regarde mes notes, il y en a un à Marsac à 6 km. C'est là que nous passerons la soirée et la nuit. Le camping n'est occupé que par une seule autre famille. Dans l'avenir je crains pour ces petits campings. Ce soir Ludo qui a beaucoup donné aujourd'hui est particulièrement choyé, il l'a bien mérité.
Jour 9 - 13 juillet, Bénévent l'abbaye
Ludo et Eve 14 km à pied
Cette nuit l'orage s'est invité mais il a grondé assez loin par contre il a beaucoup plu. Le ciel ce matin est d'un gris uniforme, les températures ont chuté brusquement, des averses persistent et des bans de brume flottent sur les hauteurs. Pas engageant tout cela. En choisissant Marsac comme point de chute on s'est un peu éloignés du GR. Pour le reprendre il faudrait retourner à St Etienne de Fursac et je n'aime pas retourner en arrière. Nous décidons donc d'aller à Bénévent l'abbaye en camping car, là bas nous aviserons.
Nous nous garons sur le parking de Scénovision et partons à la découverte de ce petit village de 500 âmes qui avec ces commerces affiche un air de petite ville.
Nous entrons dans l'abbatiale romane du XIIème
Devant l'abbatiale une coquille st Jacques faite de pavés marque le passage des pèlerins
Ces volets clos semblent nous sourire
Pour tuer le temps nous passons chez le brocanteur puis entrons chez "Adosdane". Une petite boutique où il y a une foultitude d'ânes en peluche mais aussi déclinés sous bien d'autre formes. Le propriétaire de la boutique loue ses propres ânes pour la balade mais pas pour faire les chemins de St Jacques. Il fait aussi accueil pèlerin. Son épouse et lui même ayant accompli le chemin jusqu'à St Jacques il y a deux ans, ils savent combien la qualité de l'accueil est précieux.
Leur site : http://www.balade-ane.com/benevent-abbaye-boutique-benevent-l-abbaye-creuse.php
Midi approche et le ciel s'élcaircit, cet après midi je vais marcher avec Ludo. Ce matin nous avons fait une entorse à nos habitudes en ne reprenant pas le chemin là où nous l'avions laissé. Il nous manque un tronçon d'une vingtaine de km. Pour compenser nous allons marcher en sens inverse vers le nord jusqu'à l'étang de la Toueille. Adam ne veut pas nous accompagner.
Nous flânons au début du chemin. Qu'il est joli cet ânon qui batifole près de sa mère.
543 mètres, Puy de Goth, l'un des plus hauts passages de la voie Lémovicencis
Marcher permet aussi de mieux communiquer avec la nature, Ludo en profite pour cueillir des mûres.
Appel d'Adam, il a changé d'avis il est à l'étang de la Toueille, nous nous rejoindrons là bas. Il nous faut accélérer le pas.
Au passage les graminées chargées de perles d'eau caressent nos mollets .
Il est très agréable ce chemin argenté qui file entre deux haies de fougères. L'avoine attend d'être moissonné et le houx a déjà mis son habit de fête.
Mais le ciel se charge à nouveau de lourds nuages qui ne tardent pas à crever.
Changement d'ambiance, nous sortons nos ponchons et cheminons en silence. J'essaie de joindre Adam, zut pas de réseau. Il pleut à verse, nous nous asseyons par terre au bord du sentier protégés par nos ponchos. Toujours pas de nouvelles d'Adam et nous sommes encore loin du point de rencontre. Je décide de faire demi tour. Nous reprenons notre progression en sens inverse. Sur un ancien muret de pierres nous faisons halte pour goûter.
Enfin le téléphone sonne. Adam qui ne pouvait nous joindre et ne nous a pas vu arriver est très inquiet. Je le comprends et je le rassure, nous rentrons, mais à pied il ne faut pas oublier qu'on ne fait en moyenne que 4 km/h. Quand je disais l'autre jour que les téléphones portables pouvaient avoir leur utilité à condition d'avoir du réseau j'avais raison et dans ce coin de Creuse nous étions bien isolés.
La pluie s'en est allée nous marchons d'un bon pas par parcourir les derniers km. Petit rituel du soir, passage par l'OT pour le tampon et nous retrouvons Adam sur le parking de Scénovision. Le soleil a refait son apparition.
D'ici nous avons une belle vue sur la campagne environnante
Il n'y a pas de festivités prévues pour le 13 juillet à Bénévent. Tant pis. Nous passerons une soirée et une nuit qui s'avèreront être très calmes sur ce parking.
fin de la partie 3/4
à suivre...
Sur les chemins de Compostelle 2011 (2/4)
Partie 2/4 du récit
Chateaumeillant - Sarsay 45 km
Sarzay - Gargilesse 41 km
Gargilesse - Saint Plantaire 21 km
Jour 4 - 8 juillet, Chateaumeillant (cher) - Sarzay (indre)
Ludo et Eve 45 km à VTT
Cette nuit il a un peu plu mais au lever du jour le ciel affiche un bleu limpide. Il fait toujours frais. Nous longeons l'étang avant de grimper jusqu'à la route principale. Les muscles froids je monte cette 1ère côte à pied, il faudra s'y faire.
C'est jour de marché à Chateaumeillant, les chalands installent leurs étals quand nous passons devant la gendarmerie installée
dans l'ancien château.
Aujourd'hui je n'ai pas envie de m'en laisser compter et pour faire écho aux propos de Claude je veux délaisser le GR pour couper au cours par la D70 et la D26 jusqu'aux Urciers et remonter vers Champillet.
Suite à la chute de Ludo hier j'ai adpoté le casque, ce n'est pas très glamour, ça tient chaud mais ça protège.
Chateaumeillant c'est aussi un vin élaboré depuis le Vème siècle pourtant nous ne verrons pas les vignes si ce n'est peut être derrière ce grand mur.
A partir de là nous allons par ma faute vivre une galère. Moi qui ne voulait pas monter ! Nous voilà partis je ne sais où ce qui est sûr c'est que ça grimpe.
De là haut il y a une belle vue et un beau manoir mais ça ne me dit toujours pas où on est.
Et comme les jours précédents un fort vent d'ouest perturbe souvent notre avancée.
La route redescend et croise un chemin herbeux qui porte une marque "chemins de Compostelle" mais pas les bandes blanches et rouges du GR654, on continue donc par la route.
On redescend et on arrive sur une route très passagère la D943, je décide de la suivre jusqu'à Champillet. Devant Ludo avale les côtes et les descentes, je pédale comme une malade pour maintenir le contact, les cuisses brûlent, je crie dans le vent mais il ne m'entend pas. Nous passons une instersection qui indique Champillet, flûte il roule, roule et je dois faire un gros effort pour le suivre, enfin il m'entend et s'arrête. Petite explication sur la technique à adopter. Ce n'est pas facile de tout coordonner. Demi tour et retour vers cette instersection. C'est pas vrai j'ai mal vu, on était dans la bonne direction, j'ai fait demi tour, j'ai disputé Ludo et je suis toujours paumée, je m'excuse ! Ma boussole interne en prend un coup ce matin, c'est peut être le port du casque qui a un effet néfaste ? (lol) Je propose de repartir vers les Urciers mais un coup d 'oeil sur le guide m'en dissuade, bon on va faire un break. Petite pause à l'ombre du mur d'un château, collation et reprise de mes esprits. Analysons. Reprise de la D943 jusqu'à Champillet, c'est la meilleure option ensuite on reprendra le GR. A Champillet virage à gauche on longe l'étang, c'est tout bon mais au lieu de partir à droite je pars à gauche, sur le GR pourtant, il y a des moments où franchement je perds mon latin. Beaucoup de flêchages par ici, des différents chemins de compostelle (2), du GR654 et de GR de pays. A mon avis trop de chemins tuent LE chemin. On arrive à... Feusines. Aïe aïe aïe qu'est ce qu'on fait là ? Ludo a la bonne idée d'aller voir si la mairie est ouverte, elle l'est, on demande notre chemin. L'étang des Rongères ? C 'est là, la route en face. On ne la lâche plus ! Enfin l'étang des Rongères est en vue. Quel soulagement !
Etang des Rongères
Des hérons s'envolent sur notre passage. Je retrouve un peu de sérénité.
On a retrouvé le GR654 et on ne le lâche plus !
A nouveau le chemin file à travers bois, une nouvelle belle descente nous mène au gué de Côte Perdrix. Ludo est heureux je l'entend crier waouh à chaque fois qu'une belle descente s'annonce mais qui dit descendre dit remonter de l'autre côté, pfou !
passage sur l'Indre
Petit break pour récupérer
Et nous repartons en direction de la Châtre. Le moral est revenu mais je monte toujours les côtes à pied, surtout dans ce genre de sentier.
Après Briantès et la halte repas nous franchissons l'Indre sur une passerelle tellement étroite que nous ne pouvons passer à côté de nos vélos, ni dessus, alors on la passe à califourchon sur la roue arrière, on s'adapte.
Nous optons pour un chemin qui file entre le GR654 et la route. C'est un super chemin en sous bois bien roulant sur quelques km. Ca fait du bien. C'est allègrement que nous franchissons le vieux pont sur l'Indre pour entrer dans les faubourgs de la Châtre.
la Châtre est indissociable de l'histoire de George Sand et de la vallée noire, le musée qui lui est consacré est installé dans le donjon qui nous domine de sa haute stature. En contre bas on peut voir une jolie fontaine dédiée à Ste Radegonde.
Comme toujours ce n'est pas évident de sortir d'une ville. Un monsieur qui m'entend râler nous indique le bon chemin. On arrive sans encombre à Montgivray où la mairie est installée dans l'ancien château qui fut un temps la demeure de Solange la fille de George Sand.
Moulin de Fontpisse
Après le moulin il faut franchir deux passerelles accessibles par des marches, pas facile de hisser les VTT là dessus.
A la suite des passerelles le chemin qui pourrait être bon a été empierré de gros cailloux. Impossible de rouler sur ce revêtement et même pour celui qui marche il y a des risques pour les chevilles, vraiment pas intelligents ceux qui gèrent l'entretien de cette protion du chemin !
ferme fortifiée de Laloeuf
On avance entre les prairies, d'un côté les boeufs, de l'autre les vaches. Comme dit Ludo ils ne peuvent que leur faire de l'oeil (lol).
Wahou ! Encore quelques descentes et montées.
Ca fume derrière Ludo,
Et on arrive en vue du château de Sarzay
Fin de l'étape du jour
Après une matinée difficile l'après midi s'est bien passé et on est contents de nous. Il nous reste encore un peu de temps pour aller visiter le château de Sarzay. Sur notre créanciale ce soir figurera le tampon de ce château que je vous conseille de visiter. En cette période estivale ce sont les petits enfants du propriétaire qui nous guident et c'est très agréable. Aurions nous trouvé notre Petit Chaperon rouge en la toute jeune et belle Eléonore ?
http://www.kizoa.fr/diaporama/d1851350kP74109763o2/sarzay
Ce château qui faillit bien disparaître domine la campagne environnante de ses quatre tours, il en a compté jusqu'à trente huit du temps de sa splendeur !
Plus d'infos sur Sarsay, voir le lien ci après : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Sarzay
Ce soir pas de camping mais nous avons trouvé un endroit tranquille et herbeux dans le petit lotissement en construction de Sarzay qui fera parfaitement l'affaire.
Jour 5 - 9 juillet, Sarzay - Gargilesse
Sarzay - Cluis dessous Ludo et Adam 22.5 km à VTT
Cluis dessous - Gargilesse 18.5 km Ludo et Eve à VTT
Adam et Ludo repassent devant le château et la grande pancarte qui indique le chemin à suivre pour aller à Compostelle avant d'entamer une première descente. Nous avons rendez-vous à Neuvy Saint Sépulchre. Je termine le rangement du camping car et me voilà partie par les routes. Je me gare sur un parking derrière la basilique et file acheter quelques provisions. Téléphone ! "Ludo a crevé, tu peux revenir vers nous ? Où ? A Vignonnet. Au bas mot ils ont du faire 3 km, la journée commence mal. Je suis passée par ce hameau ce matin je n'ai donc pas trop de mal à les retrouver et eux de leur côté n'étaient pas loin de la route c'est donc un moindre mal. Les outils pour réparer sont à nouveau sortis , la réparation effectuée. Je reprends la route eux le chemin. Quand ils arrivent à Neuvy nous allons visiter la basilique St Jacques, sa particularité : sa rotonde de 22m et ses nombreux chapiteaux ainsi que des reliques dont une ampoule du sang du Christ. Ces reliques attirèrent ici de très nombreux pèlerins.
Je pourrai rester des heures à admirer les chapiteaux de ces églises mais j'aimerai encore plus qu'on m'explique leur signification. L'heure n'est pas à cela. Un petit passage par l'office de tourisme nous permet d'admirer ce mur de mosaïque qui lui fait face.
En regagnant le camping car je trouve cette publicité très à mon goût et j'en fais ma devise pour le chemin de Compostelle.
Prochain arrêt dans 10 km à Cluis dessous. Chacun reprend son mode de locomotion.
Ancienne forteresse de Cluis
Il est l'heure de déjeuner, il y a des tables de pique nique mais impossible de manger dehors nous sommes assaillis par les guêpes !
Cet après midi c'est moi qui m'y colle. Après Cluis dessous, Cluis dessus.
vitrail moderne dans l'église du village
halle XIIème
Nous descendons maitenant vers le viaduc qui enjambe l'Auzon du haut de ses 42 m. Il sert souvent pour le saut à l'élastique et comme on est samedi il y a des volontaires pour cette activité. Ca tombe bien car Ludo n'a jamais vu de saut à l'élastique.
Et c'est parti pour le grand saut
On profite de cette pause pour admirer le paysage.
Notre démarche étant plus terre à terre, reprenons le chemin.
Par ici le chemin se fait un peu moins valonné et nous arrivons bientôt au château de Charon
La sécheresse est extrême et la nature n'a pas une fleur à m'offrir pour confectionner un de ces bouquets de fleurs des champs que j'aime tant. Voici tout de même un champ de tournesols qui met une tache de couleur dans le paysage.
Je donne à Ludo l'autorisation de cueillir une fleur, une seule, voici ce que ça donne.
Souvent un peu dans l'excès Ludo qui pour le coup se fait gronder.
Comment on la transporte ? Et bien sûr je n'ai pas de vase adéquat.
Ah voici enfin un chemin comme je les aime, légèrement descendant, roulant et bien abrité du vent ; si si il m'arrive de pédaler.
Avant d'arriver à Villeserin la route reprend de l'altitude. Après avoir vu cette pancarte nous nous accordons une petite pause réparatrice.
Passons devant le château du Châtelier
Descendons encore quelques pistes, franchissons un gué
Et comme dit le guide : "remonter le coteau rocheux couvert de fougères et bruyères..."
Ludo lui grimpe pratiquement tous les raidillons à vélo. Bravo gamin.
Les murets qui bordent le chemin annoncent l'approche de Dampierre.
église de Dampierre
C'est jour de fête au village et il y a un concours de boules sur la place mais surprise, il y a aussi Adam et le camping car.
Nous prenons notre goûter assis sur un banc à l'ombre des tilleuls, un peu d'animation autour de nous n'est pas pour nous déplaire.
Encore 3.5 km avant d'atteindre Gargilesse but de notre étape du jour. Dévaler,franchir, descendre, remonter, ce sont les termes du guide, et il sait de quoi il parle, nous demande encore un effort avant d'arriver dans ce village qui est classé comme l'un des plus beaux villages de France et où George Sand encore elle, a laissé son empreinte.
Gargilesse
Adam a repéré les lieux, le camping est situé à l'autre extrémité et en contre bas du village nous visiterons donc le village avant d'aller au camping mais avant tout une rapide toilette et changer de tenue s'impose.
l'église Sainte Marie
représentent, trois par trois, les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse.
Sur les chemins de Compostelle (2ème année)
5 Juillet. Nous attendions cette date avec impatience pour renouer avec l'aventure que nous avons entamée l'an passé : aller jusqu'à St Jacques de Compostelle en partant de Vézelay. Notre aventure se déroulera sur plusieurs années en fonction des disponibilités de Ludo. Pour 2011 nous avons douze jours devant nous. Douze jours qui nous réservent bien des surprises, des moments de découragement mais aussi de belles rencontres...
Pour faciliter la lecture de ce récit je scinde notre parcours en 4 parties de trois jours chacune.
1ère partie :
Apremont sur Allier- Sancoins (Cher)
Sancoins - St Amand Montrond (Cher)
St Amand Montrond - Châteaumeillant (Cher)
fin juillet 2010, nous arrivions à Apremont sur Allier, terme de la 1ère partie de notre pèlerinage.

2011, 5 juillet, nous reprenons le chemin là où nous l'avions laissé à Apremont.
On pourrait se prêter au jeu des 7 erreurs en comparant ces deux photos mais il y en a une majeure : le petit a pris 12 cm et il est maintenant aussi grand que moi. Je ne vais plus pouvoir l'appeler mon petit loup, c'est un grand loup et moi je fais office de mère-grand, trouverons nous le Petit Chaperon rouge sur notre chemin ?
Jour 1 - 5 juillet, Apremont - Sancoins
Ludo et Adam 17 km à VTT
L'an passé Adam s'est un peu sacrifié en se contentant de déplacer le camping car d'un point à un autre et en assurant l'intendance. Cette année il veut participer lui aussi et rouler avec Ludo, c'est un compromis mais c'est aussi par là que passe la survie de notre expédition et puis comme c'est une démarche familiale alors jouons cette carte à fond.
C'est donc Adam et Ludo qui vont parcourir les premiers km d'Apremont à Sancoins. Le village d'Apremont lézarde sous le chaud soleil estival et il est 15 heures quand ils enjambent leur VTT.
Direction Grossouvre et son église à peigne.
Les hommes, ça veut rouler vite, ils ne font pas attention aux marques blanches et rouges du GR et se retrouvent donc sur la D920, ce n'est pas bien grave puisqu'elle est parralèle au GR 654. Ils arrivent vers 17 h à Sancoins. Ludo est un peu exténué, il faut dire qu'il a fait très chaud cet après midi. Nous passerons une soirée et une nuit agréables et calmes sur l'aire de camping car.
Jour 2 - 6 juillet, Sancoins - St Amand Montrond
Sancoins - Charenton du Cher, Ludo et Eve 29 km VTT
Charenton du Cher - St Amand Montrond, Ludo et Adam 14.5 km VTT
Ca y est les choses sérieuses commencent pour moi. Ce matin il fait bon rouler le long du canal de Berry, autre avantage c'est plat.
premiers hectomètres le long du canal de Berry avec Ludo aux avants postes.
Ferme d'Arnon
Nous quittons un moment le canal pour descendre vers Augy sur Aubois où il n'y a rien d'extraordinaire à voir.
Nous remontons jusqu'au cimetière où une belle croix marque la croisée des chemins.
Nous roulons à nouveau sur le chemin de halage du canal, une trouée dans la futaie nous permet de profiter de la vue sur le château de Liénesse.
Ici en Berry la sécheresse est bien visible mais je ne m'attendais pas à voir le canal à sec !
Il faut dire que le canal a longtemps été abandonné et qu'il ne sert plus à la naviguation. Depuis quelques années les collectivités locales font un effort pour le réhabiliter.
Nous apercevons bientôt quelques pèlerins qui marchent devant nous. Eux aussi font le chemin sur plusieurs années, pour cette fois ils s'arrêteront à Charenton du Cher.
Une jolie maison attire notre attention mais notre arrêt photo n'aura pas l'air de plaire à sa propriétaire qui nous accueillera fraîchement.
Nous arrivons à Vernais où nous devons retrouver Adam pour la pause de la mi journée mais il est encore trop tôt pour déjeuner, après une courte pause nous continuons à pédaler vers Charenton du Cher.
Vernais
Tantôt nous roulons sur une rive du canal tantôt sur l'autre, tout dépend de l'entretien du chemin et on privilégie les sections stabilisées aux sections herbeuses. Nous arrivons enfin en vue de Charenton du Cher où Adam a garé le camping car sur le parking de la salle polyvalente le long du canal.
Après le repas, histoire de rouler un peu tous les trois nous partons à la découverte de Charenton du Cher, c'est une jolie bourgade qui a conservé une partie de ses remparts et des maisons du XVème.
Eglise XIIème
plus de photos de Charenton du Cher ? C'est ci dessous ...
http://www.kizoa.fr/diaporama/d1847431kP80748848o2/charenton-du-cher
Après cet intermède les hommes décident de reprendre la route en direction de St Amand Montrond. St Pierre les étieux marque la fin des portions de plat.
St Pierre les Etieux église romane XIème
Les voilà partis vers les colines qui dominent le canal de Berry. Une fois encore ils ratent un embranchement, de fait ils ne passent pas devant la tour Malakoff mais descendent à vive allure sur la cité de l'or de St Amand où je les attend.
Nous allons faire tamponner nos créanciales à l'office de tourisme avant de rejoindre le camping situé non loin du canal.
Il n'est pas très tard et après nous être installés nous partons tous les trois à la découverte de la cité.
Jour 3 - 7 juillet, St Amand Montrond - Châteaumeillant
Ludo et Eve 44 km en VTT
Après avoir quitté le camping nous contournons les ruines de l'ancienne forteresse par d'agréables sentiers. Le petit matin est frais et facilite le pédalage. Le silence est d'or et seuls quelques papillons font des ronds dans l'air pur. Superbe ! Orval, Orcenais. Les km s'enchaînent dans des paysages valonnés.
Orcenais est en vue
Avant Orcenais je cale et je fini de monter la côte à pied. Ludo, aérien m'attend en haut à l'ombre d'un transformateur.
A la sortie d'Orcenais trois hommes s'affairent autour d'une source, ils réparent la petite construction qui l'abrite. On s'arrête pour discuter un peu avec eux et les féliciter pour la remise en état de ce patrimoine local. Malgré la sécheresse la source donne bien, 1.40 m d'eau claire dans le bassin, on aurait envie de s'y immerger pour se rafraîchir un peu.
Après nous être accordés une petite pause au niveau du parcours sportif nous apercevons devant nous un pèlerin solitaire. Mais... nous l'avons déjà entre aperçu hier à l'office de tourisme de St Amand, nous n'y avions pas prêté attention mais lui nous reconnaît. Nous engageons la conversation. Il s'appelle Claude, il est Belge et il veut rallier Vézelay à Compostelle en 72 jours. Il en est à son deuxième chemin, il a déjà fait Le puy en Velay St Jacques, il sait de quoi il parle. Il nous dit qu'ici c'est un beau chemin mais un chemin de solitude et Il regrette qu'il n'y ait pas plus de points d'eau. Il est vrai que sur cette portion on croise moins de lavoirs qu'en Bourgogne.
rencontre avec Claude
Nous remontons en selle et sommes rapidement en vue de Loye sur Arnon.
Les balises rouges et blanches nous conduisent au moulin de Méséreau.
C'est là qu'Adam nous rejoint en ayant emprunté le GR en sens inverse juste à temps pour nous voir traverser la passerelle qui enjambe le bief d'alimentation.
Ardenais, pause repas. On est bien là sous les arbres tout près de l'église et du manoir, il y a même une table de pique nique, idéal !
On termine notre repas quand Ludo s'exclame "Claude !". Ah ben ça alors c'est bien lui, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il trace ! Nous lui présentons Adam et nous lui offrons à boire tandis qu'il sort un frugal repas de son lourd sac à dos.
Il nous reste encore 26 km à parcourir pour rejoindre Chateaumeillant. Chacun repart qui à pied qui en VTT.
Peu après la Bourgeoisie dans un chemin en descente nous découvrons le triste spectacle de ce petit cheval maltraité. Sa queue est si longue qu'il marche dessus, ses sabots sont usés et il est maigre à faire peur. Honte à son maître.
Ludo que ce spectacle atriste partagera son goûter avec lui.
Alors que nous remontons sur les VTT je m'aperçois que mon pneu avant est crevé. Ca, c'était ma plus grande crainte. Rien pour réparer et d'ailleurs j'en serai bien incapable. Un coup de fil à Adam qui est aux Archers. Nous convenons de nous retrouver au Châtelet. Il ne nous reste plus qu'à marcher en poussant les vélos pour rejoindre le point de rencontre. Environ 3 km plus tard nous atteignons une butte plantée d'une belle église romane. Pas de panneau indicateur mais deux dames à qui nous demandons où nous sommes. A l'abbaye de Puyferrand. Nouvel appel à Adam qui tourne en rond depuis une heure à notre recherche, les panneaux indicateurs étant plutôt rares par ici ce n'est pas évident pour lui.
N D de Puyferrand
L'épine assassine est extraite de mon pneu, elle est de belle taille.
Réparation effectuée, merci Adam. Avec tout cela nous avons perdu au bas mot une heure trente ! Je voulais voir le village du Châtelet et ses épis de faîtage : exit, on va se rattraper sur le village de potiers des Archers.
Un petit bonhomme bien sympa nous encourage dans la montée.
Le GR tourne de suite à droite avant les premières maisons de potiers. Tout à l'heure Adam a décidé de filer sur Chateaumeillant, il en a marre, ses recherches pour nous trouver tout à l'heure l'ont fatigué. Je décide moi aussi et un peu à regret d'occulter la visite des potiers, il est des moments où il faut faire des choix, continuons de rouler !
Un chemin en descente, caillouteux et semé d'ornières nous mène à la Sept Fonts, je crie un énième conseil de prudence à l'attention de Ludo quand soudain il se couche sur le côté. Arrêt d'urgence. Un de ses lacets s'est pris dans le pédalier et à tout bloqué net. Heureusement il a eu la présence d'esprit de se coucher sur le côté et il ne roulait pas vite. Je l'aide à se sortir de ce mauvais pas. Pas de mal, juste des picotements car il est tombé... dans les orties !
Les derniers km nous paraissent longs. Avec ces incidents la journée qui avait si bien commencé s'est étirée à l'infini.
Chateaumeillant ! Enfin ! Adam est là sur la place devant l'église où se trouve aussi l'office de tourisme où nous faisons mettre nos tampons juste avant l'heure de la fermeture.
Mur peint de l'office de tourisme
Le camping se trouve à l'autre extrémité de la ville. Comme ce soir nous n'aurons pas le courage d'y revenir nous allons sans plus attendre visiter l'église St Genès.
Elle était en 1115 un prieuré dépendant de Déols, à l’origine dédiée à St Etienne. Elle reste le plus gigantesque édifice roman du Cher. En 1857, la façade monumentale a reçu l’ajout d’un clocher.
Le chœur possède six chapelles séparées par de larges arcades. L’intérieur possède un extraordinaire ensemble de chapiteaux à décor de végétaux, d’animaux, de personnages...
Ceux du chœur figurent plusieurs scènes de la Genèse. (descriptif trouvé sur internet)
En sortant de l'église, surprise ! Claude est atablé à la terrasse du café. Je suis un peu désabusée mais il est vrai qu'il n'a pas crevé lui !
Ce soir au camping il prendra place à notre table, nous racontera ses expériences, ses trucs et nous dira aussi que pour réduire les distances il ne suit pas toujours le GR654 mais emprunte la route. A méditer !
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Fin de la 1ère partie 2011 (1/4) Sancoins - Chateaumeillant
à bientôt pour la suite...
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La route des moulins en forêt noire (2)
Mühlenweg, autrement dit la route des moulins autour de Ottenhöfen
Ottenhöfen n'est distante de Sasbachwalden que d'une quinzaine de km, la petite route qui y mène serpente à travers le vignoble.
Ottenhöfen n'a pas le charme de Sasbachwalden, moins coquette, elle semble être plus encaissée et plus industrieuse. Qu'importe, nous sommes ici pour randonner sur la route des moulins. Une balade de quinze km qui fait une boucle autour de Ottenhöfen, tantôt en forêt, tantôt dans le vignoble.
On peut prendre le circuit dans les deux sens. Nous choisissons de partir face au soleil. Les premiers hectomètres sont plats, le sentier surplombe le village et suit un petit cours d'eau.
Déjà nous croisons une fontaine à schnaps que nous doublons sans nous arrêter. La journée ne fait que commencer.
Nous laissons la caserne des pompiers derrière nous et tournons à gauche , la route commence à monter.
Notre premier moulin est bientôt en vue
Schulze-Bure-Mülhe
La roue de ce moulin se trouve à l'intérieur de la bâtisse.
La route continue de monter, à gauche les sombres sapins qui donnent son nom à la forêt noire, à droite des prairies parsemées d'arbres fruitiers en fleurs.
Au delà de ce petit calvaire bien entretenu
nous quittons la route pour emprunter un chemin en forêt
Les arbres s'éclaircissent et la vue se dégage sur un joli paysage typique de la région.
Bühler-Müle
Ce petit moulin est privé et nous ne pourrons pas l'approcher.
La chaleur commence à se faire sentir quand nous arrivons en vue d'une grande ferme. La halte boisson est signalée par cette pancarte. Cette ferme, à défaut d'offrir une fontaine à schnaps ouvre son frigo sur le même principe.
Nous savourons une bière locale bien fraîche avant de reprendre la route sous un soleil de plomb.
Croix, oratoires et fontaines jalonnent le chemin.
Cette côte je préfère la descendre que la monter !
Nous voici revenus dans les faubourgs de Ottenhöfen. Ici c'est un très bel ensemble immobilier qui s'est construit autour du moulin.
Mühlenhof
Cette demeure fait chambre d'hôtes, en voici l'entrée.
Le chemin de rando suit à nouveau le petit cours d'eau Acher et c'est là que nous rencontrons une ... fontaine à schnaps ! Ca va, vous suivez (lol).
Mais pas n'importe quelle schnaps brunnen, non, la plus ancienne du circuit. Cette pratique n'est donc pas touristique mais fait bien partie de l'art de vivre de la forêt noire.
C'est bien joli tout ça mais la faim commence à nous tenailler et nous n'avons pas encore trouvé d'endroit où nous restaurer.
Rainbauermühle est en vue
il se trouve au bord de la route, nous la traversons ainsi que la ligne de chemin de fer et nous suivons le sentier jusqu'à Furschenbach où nous nous arrêtons au premier resto qui nous tend les bras. Ouf il était temps de se poser.
Rassasiés nous reprenons notre marche, encore une fontaine à schnaps...Dans un style beaucoup plus cosy.
Et un autre resto où il doit aussi faire bon faire une halte gourmande.
A nouveau la route prend de l'altitude dans le vignes.
Nous croisons quelques groupes de randonneurs équipés pour faire de la marche nordique et montons vers Benz-Mühle.
Il a un charme fou ce moulin dans son cadre de verdure.
Encore un petit effort et nous arrivons à Benz-Mühle am bach, un drôle d'endroit bâti autour d'une ferme d'altitude.
Ca tient de la guingette, de la cabane dans les arbres, du resto en plein air conçu de bric et de broc en bordure d'un étang, c'est indéfinissable, c'est plaisant et ça ne manque pas d'humour.
Tout à l'heure je n'ai pas pris de dessert et j'aimerai bien goûter à la
schwarzwälder kirschtorte, spécialité s'il en est de la région mais ce n'est pas le jour de la forêt noire.
Bon, je me rabattrai sur une part de cheese-cake roborative
C'est à regret que nous quittons cet étonnant endroit où l'on peut se restaurer à toute heure. Sur tout le circuit dédié aux moulins c'est sans aucun doute un endroit à ne pas manquer tant il est pittoresque.
En avant, marche on n'en n'a pas fini de notre balade.
Du côté de Buchwald...
nous ratons un embranchement qui ampute le circuit des moulins de ... trois moulins.
Au point de vue du kilomètrage ce sera la même chose. Le chemin emprunté nous ramène en face de Mülhenhof.
Nous passons devant la gare et retrouvons la caserne de pompiers et le chemin emprunté ce matin.
Au coeur du village près de l'office de tourisme se trouve un beau parc
Un détour par l'église ultra moderne
et son beau chemin de croix sculpté dans le bois
avant de remonter Allerheiligen strasse pour retrouver le camping car garé au camping situé en face du complexe sportif.
Les camping cars peuvent se garer à l'extérieur du camping comme on l'a fait.
Le calcul du prix est complexe et le barrage de la langue infranchissable, bref il nous en coûtera 10 euros pour 24 h avec électricité et WC genre cabane au fond du jardin. Un peu prohibitif tout de même. Je pense qu'on aurait pu se garer sur le parking de la gare.
Sur le sentier qui passe devant le camping je ferai cette belle rencontre avec un couple âgé dont le monsieur a gardé une idée bien particulière de la tenue nécessaire pour randonner en forêt noire.
Ainsi s'achève nos deux journées passées en Forêt noire, c'est sûr nous y reviendrons.
Sasbachwalden en Forêt Noire (1)
A une trentaine de km au nord est de Strasbourg vous pouvez vivre quelques jours de dépaysement total au coeur de la forêt noire.
Nous avons choisi de découvrir Sasbachwalden, une ville thermale et Ottenhofen pour sa route des moulins.
Sasbachwalden
Est une jolie cité construite le long de sa rue principale qui grimpe dur. Elle ressemble à certains coquets villages alsaciens.
On y trouve une aire de camping car, des boulangers (très important pour nous français), des vignerons, une supérette, des restos et cafés, de jolies boutiques, un fleuriste et une centre de cure thermale.
L'aire de camping car est vaste, elle surplombe une petite rivière. Elle se situe à l'entrée du village derrière le superbe ensemble viticole "Alde Golt". Il vous en coûtera 5 € par 24 h, paiement par horodateur, plus 2 € si vous prenez l'électricité plus 2 € pour faire de l'eau.
De l'aire de camping car il faut monter dans le village jusqu'au centre de cure thermale et quelques centaines de mètres plus haut suivre à droite le sentier flêché "Gaishölle" qui s'élève progressivement dans la forêt le long d'un joli torrent qui cascade de rochers en éboulis et que l'on franchit en zig zag sur des passerelles de bois.
Jolies maisons et enseignes typiques de forêt noire
Tout ici symbolise les activités liées aux moulins et au débardage du bois comme en témoignent ces deux statues de grès rose.
Dans quelques jours ce sera Pâques, on ne peut pas l'ignorer lorsqu'on voit fleurir au détour de coquets jardinets de beaux arbres de Pâques.
Juste avant d'emprunter le sentier en sous-bois nous admirons la décoration de ce sympathique restaurant où il ferait bon s'attarder.
Gaishölle
Le sentier grimpe dur sous les frondaisons, des volées de marches facilitent la progression accompagnée par le chant du torrent.
Midi sonne au fond de la vallée. Un banc providentiel nous tend les bras, nous nous y installons le temps de dévorer notre pique nique.
Nous venons de croiser cette pancarte :
Qu'est ce que c'est que ça ? La curiosité étant la plus forte nous faisons un détour pour aller voir.
Une fontaine à schnaps ! Mais pas que. Dans l'eau fraîche de l'abreuvoir il y a aussi de l'eau, de la bière, du vin blanc, du Kirsch, de quoi satisfaire toutes les soifs. Des verres sont à disposition ainsi qu'un bocal pour déposer votre obole. Il vous en coûtera 1 € pour une bière, 0.80 pour un Kirsch ma foi fort délicieux. Pour déguster notre breuvage nous nous asseyons sur un solide banc de bois. D'ici nous avons une vue splendide sur les vignes qui descendent jusqu'au village.
Après cet agréable intermède nous revenons sur nos pas pour retrouver la piste qui longe le torrent.
Encore un petit effort et nous atteignons le point culminant de cette balade, le "Bischenberg". Nous longeons la route qui descend vers Sasbachwalden sur quelques centaines de mètres et bifurquons à droite entre deux belles demeures très fleuries qui font chambre d'hôtes.
Le chemin qui nous ramène au village serpente entre les vergers, les prairies et les vignes, c'est très agréable.
Déjà nous atteignons les premières maisons du village. Nous sommes en admiration devant ces jardinets parfaitement entretenus.
Au gré des rues nous descendons vers l'église.
Caserne des pompiers
Après la chaleur du dehors, il fait bon s'asseoir quelques instants dans la fraîcheur de cette église baroque.
L'entrée du presbytère est encadrée par deux superbes cèdres plus que centenaires. Dans leur ombre jouent des anges musiciens.
Nous revenons par la rue principale qui nous ramène à l'aire de camping car où nous passerons la nuit.
fin partie 1



























































































































































































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